Bon, j'en suis où?
Bon, j’en suis où, j’ai 34 ans, combien d’aventures ? C’est trop fatigant de les compter. Combien de fois ai-je été amoureuse, ça c’est moins fatigant, jamais en fait. Qu’est-ce que ça m’a rapporté tout ça ? Rien.
Mon boulot est pas top. J’ai pas continué les études, trop fatigant.
A part les grands magasins et les voyages, j’vois pas trop c’qui m’emballe.
J’aurais préféré rencontrer quelqu’un qui donne un sens à ma vie. C’est pas c’que vous croyez, bon, je sais, je fais les questions et les réponses, mais j’ai bien l’droit quand même, vu que personne ne m’écoute.
Bon quelqu’un qui me fasse comprendre ce qu’il y a de meilleur en moi. Ça vous fait rire, eh bien c’est pas aussi évident que ça.
Quand on sait en quoi on excelle, on arrête de s’éparpiller en vain. Vous me direz que chacun est capable de le savoir. Et bien tout dépend de la façon dont les parents vous ont traités. A force de vous dire que vous n’êtes, enfin, que je ne suis, qu’une cloche superficielle, c’est la spirale, vous comprenez ?
Tous ceux que j’ai fréquentés ne l’ont pas compris, ils s’intéressaient surtout à … enfin, j’vais pas vous faire un dessin.
Moi je suis sure que j’aurais pu faire de grandes choses, mais personne ne m’a encouragée.
Je sais ce que vous allez dire, il ne faut rien attendre des autres, il faut relever les manches, et patati et patata.
Seulement voilà, l’estime de soi c’est pas une affaire de gourous du dimanche. Quand on a été brimé dans l’enfance et l’adolescence, tous leurs préceptes à la sauce zen ne valent rien.
Je devrais peut-être consulter un psy. Mais ça m’dit rien en fait. Un vieux guindé en nœud pap qui ne sait que dire « continuez » dès qu’il y a un silence. Vu le prix des séances, c’est rentable. Moi les psy, je les admire, ils sont capables de continuer leur cirque 20 minutes sans s’endormir. On peut bien leur accorder ça.
Mon père c’était 30 secondes avant qu’il m’envoie chier. Ma mère passait son temps à me culpabiliser
Du coup, l’école pour moi c’était le radiateur et les rapports d’incidents.
Je sais très bien ce que vous allez dire, facile d’accuser les parents.
Ben, c’est un peu vrai, et c’est ça aussi qui me turlupine.
Certains sont devenus des dieux malgré une enfance pourrie.
J’en ai marre, je ne trouve pas la sortie.
A 34 ans je devrais rayonner, épanouie dans mon travail et mère comblée, putain, quelle connerie !
A une époque, on allait au couvent. Là franchement c’est pas mon truc. Les bonnes sœurs ne tiendraient pas une heure et, Jésus ou pas, me foutrait un pied dans … enfin j’vais pas vous faire un dessin.
Bon, je pourrais adopter un chat et fermer les persiennes.
Il est où mon chevalier, ça m’étonnerait que je le trouve sur le net.
Bon voyons ce qu’ils proposent sur Netflix, faut bien continuer à vivre en attendant.
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