Mon petit théâtre.
Je lisais les BD de Strange, et j’avais dans la tête plein d’images gothiques de super héros sur les toits à côté des gargouilles. La fenêtre arrière de ma chambre au Lion donnait sur le toit justement.
A la nuit tombée, j’allais m’y asseoir et je me prenais pour Batman.
J’avais découvert un petit grenier au-dessus du garage, longtemps après notre emménagement.
Il faut dire que la porte était toute petite comme dans Alice, on la voyait à peine, en hauteur et donnant sur le vide .
Comme Christophe Colomb, j’en avais fait ma propriété, l’ayant découvert en premier.
Pour y accéder, il y avait une échelle très haute et en triangle. Avec ma bande de l’époque, on l’avais aménagé avec des caisses et des coussins. On était un peu vieux pour Le club des cinq, mais ça y ressemblait un peu. On pratiquait toutes sortes de rites ésotériques, mon père faisait semblant de vaquer à ses affaires dans le garage, mais je voyais bien qu’il gardait un œil discret et un peu perplexe.
J’avais trouvé une vieille porte épaisse et creusé le cadre du haut. Dans le grenier du milieu, le plus vaste, le chantier était pharaonique. Je construisais un théâtre de marionnettes XXL.
Un système compliqué de poulies, de ficelles et d’écrous pour les changements de décors.
Le feu de la rampe en rangée d’ampoules multicolores.
Le papier trempé dans l’eau et la farine pour sculpter les têtes, les mini costumes sophistiqués.
Dans ma chambre, je créais les décors à la gouache sur de grands cartons : Une salle d’armes de château avec des carreaux noirs et blancs et l’effet de perspective, un repaire de sorcière avec tous les accessoires, les chaudrons, le chat, le crapaud, la chauve souris et un serpent.
Il y avait aussi une forêt sinistre et nocturne et une place de village à la Chirico, avec des colonnes et une statue pompeuse.
Ensuite il fallait bien trouver un scenario. Je partais des décors en pensant à tous les petits détails techniques.
Et puis enfin j’ai pu installer de vieilles chaises dépareillées et plutôt minables pour mon public. Au premier rang et sur la chaise la moins amochée, j’avais réservé la place à ma copine de l’époque.
Elle était fille de gendarme et habitait à la caserne. En plus de la série des Charlots, de Bud Spencer et Terrence Hill, on suivait l’épopée des Gendarmes de Saint Tropez. Que des références littéraires quoi.
Bon, avec ma copine, on faisait pas mal de jeux dans le grenier qui m’empêchaient de continuer mon travail. Là, c’est secret.
Longtemps avant, à Granville, on avait des jeux de la série 2000 : Magie 2000, Électricien 2000 ou encore Chimie 2000.
Ce qui me fait dire que la prochaine page sera dédié en partie aux Noëls à Granville, la messe de minuit, les anges, le sapin et tout et tout.
J’espère que d’ici là j’aurai pas oublié de le faire.
J’avais installé derrière l’armoire un laboratoire avec plein de liquides colorés qui moussaient dans des alambics et que je prélevais avec des pipettes.
Je créais des circuits compliqués avec des ampoules. Il y avait une espèce de bobine qui servait de batterie, là j’ai j’ai un peu oublié les subtilités.
Et puis les boites de toutes les tailles, avec des fonds secrets, noires et décorées d’étoiles d’argent. Des cônes et des cubes et des cartes géantes avec des paillettes partout.
Commentaires
Enregistrer un commentaire